Beethoven's Legacy
Peu de compositeurs contemporains incarnent aussi pleinement l’art symphonique que le Belge Luc Brewaeys. Il commence à écrire sa Huitième Symphonie en 2004, mais à son décès en 2015, l’œuvre reste inachevée. Inspirée par l’autre grande « Huitième » – celle de Beethoven – cette symphonie se veut, selon les mots de Brewaeys, une véritable « orgie sonore ». Fidèle à son style, il imagine une instrumentation foisonnante et insolite… y compris des bouteilles ! Sa proche collaboratrice et élève Annelies Van Parys a relevé le défi de compléter le final de cette partition monumentale en s'inspirant des esquisses et du style musical si spécial de Brewaeys.
Composée en 1812, la Huitième Symphonie de Beethoven est souvent considérée comme la plus enjouée de ses symphonies. Plus concise également, elle brille par son énergie, son humour et son inventivité rythmique, mêlant clins d’œil malicieux au classicisme et audaces résolument modernes. Par exemple, Beethoven crée un effet absurde et humoristique en superposant une mélodie élégante et gracieuse au tic-tac « métronomique » des bois. Mais derrière son apparente légèreté se cache une écriture d’une grande maîtrise, où Beethoven joue avec les formes et les attentes de l’auditeur, affirmant une liberté créatrice jubilatoire.
Les deux « Huitièmes », celles de Beethoven et de Brewaeys, seront précédées de 80 Breaths for Tokyo de Jonathan Harvey, une œuvre inspirée par la pratique zen de la respiration : un souffle suspendu, calme et doux avant la tempête symphonique.
27/03/2026 20:00
Bozar